
Sophie Bouchet propose une vision onirique et poétique sur l’idée du passage d’un monde ludique fait
d’une civilisation éphémère, un peuple composé de personnages improbables et d’insectes burlesques, et d’habitats.
"La convenance de l'habitation est fort appréciable, bien qu'il ne s'agisse pour nous que d'un séjour temporaire.
Et pourtant, ceux qui habitent là pourront-ils y rester longtemps ? Eux aussi doivent se dissiper comme la fumée,
dans un instant !"
Les mauvaises herbes de la paresse, citations de KenKo Hoshi
L'installation Petites Maisons est l'image d'un îlot flottant, d'habitations suspendues dans l'espace et le temps,
la lecture de cette unité urbaine ne peut pas faire l'impasse d'un parallèle avec le nomadisme et le momentané.
Chaque Petite Maison représente une ville, de pays fictifs différents. Elles ont la même apparence mais se
différencient par un timbre et par des lettres et des chiffres inscrits de façon aléatoire, un matricule identitaire.
L'ambiguïté de la porte demi-ouverte ou fermée, du jour ou de la nuit, et le propos ironique avec les antennes
de télévision : une flânerie qui nous invite à autre chose que de regarder la télévision par exemple, elle nous
incite à nous interroger sur nous et notre façon de vivre.
Les Habitats Racines sont une parabole du foyer, de nos racines, de l'implantation, un regard sur l'actuel :
cohabiter avec la nature, vecteur problématique du rapport au monde.
La maison est sans doute l'invention humaine la plus pérenne, à l'origine elle est faite pour nous protéger
des éléments, elle est la marque d'une alliance possible entre l'humain et la nature.
Si il y a une poétique de la maison comme "état d'âme" à travers ces Habitats Racines, la question du rapport
de force entre la nature et la construction humaine se pose, qui prend vraiment le dessus sur l'autre ?
Ou, est-ce tout simplement "La maison que je n'habiterai jamais" ?
Les dessins de figures expressives sont un travail d'imagerie improbable, de scènes surréalistes, d'émotions
diverses ou le spectateur peut devenir acteur en s'appropriant le thème de chacune et se projeter ainsi dans
ses réflexions et prendre du recul sur l'instant.
Nous sommes face à une représentation chimérique, une confrontation de la vie moderne, du monde urbain et
d'une civilisation utopique, du modernisme des choses et des objets, avec la proximité de la nature, une
invasion d'œuvres atypiques autour des dessins, volumes, installations présentés lors de ses expositions.
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